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Contexte international en 2022 : un ralentissement de la croissance mondiale.

En 2022, l'économie mondiale a connu un ralentissement généralisé et plus marqué qu'attendu, avec une inflation qui a atteint des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies. La crise du coût de la vie, le durcissement des conditions financières dans la plupart des régions, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et les effets persistants de la pandémie de COVID-19 ont été autant de facteurs qui ont pesé lourdement sur les perspectives. La croissance mondiale a ralenti de 6,0% en 2021 à 3,2% en 2022.

Le ralentissement dans les économies avancées (2,7% après 5,4% en 2021) est plus marqué aux Etats-Unis (2,1% après 5,9%), en France (2,5% après 6,4%), au Royaume-Uni (4,1% après 7,6%). Il est plus modéré en Allemagne (1,8% après 2,6%), en Espagne (5,5% après 5,5%), au Japon (1,0% après 2,2%) et au Canada (3,4% après 5,0%).

Les économies émergentes et en développement ralentissent à 4,0% après 6,8% en 2021. Ce phénomène est principalement tiré par le ralentissement de la croissance en Chine (3,0% après 8,4%) et en Russie (-2,1% contre 5,6%). Le ralentissement est moins prononcé en Inde (7,2% après 9,1%), au Brésil (2,9% après 5,0%) et au Mexique (3,0% après 4,7%).

En Afrique subsaharienne le ralentissement est modéré (3,9% après 4,7% en 2021). Le Nigéria enregistre 3,3% après 3,6% en 2021 et l’Afrique du Sud croît de 1,9% après 4,7% en 2021. Malgré un contexte mondial défavorable, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a enregistré une croissance économique de 3,4% en 2022, inférieure aux 4,5% enregistrés en 2021.

 

Elaboration des comptes définitifs 2021: Légère révision à la baisse du taux de croissance de l’année 2021

Le PIB définitif de l’année 2021 affiche un taux de croissance de 2,0%, légèrement plus bas que l’estimation provisoire de 2,1% diffusée en décembre 2022. La révision à la baisse du taux de croissance du PIB 2021 s’explique principalement par la prise en compte des données de l’agriculture publiées par la FAO et la mise à jour des données du commerce extérieur. La mise à jour des données du commerce extérieur concerne le transport, les services d’information et communication, et les services financiers. La prise en compte des données définitives, révise l’estimation de la croissance des activités de fabrication des produits alimentaires (-1,5% contre -5,7%)., des activités d’hébergement et de restauration (11,7% contre 0,6%), ainsi que les activités de transport, poste et courrier (7,7% contre -6,1%). L’intégration des données de la FAO sur la production agricole révise à la baisse la croissance des activités agricoles de 3,4% à 1%.

Situation économique nationale de 2022 : une légère accélération de la croissance et une inflation élevée

La croissance économique aux Comores a légèrement accéléré, passant de 2% en 2021 à 2,7% en 2022, après une contraction de - 0,2% en 2020. Toutefois, elle est restée en deçà de la moyenne régionale de 3,4%. La dynamique de la croissance a été tirée par le secteur tertiaire, qui a contribué à hauteur de 1,5 points de pourcentage à la croissance du PIB en 2022, contre 1 point en 2021 ; suivi du secteur primaire, dont la contribution s'est établie à 0,9 point en 2022, contre 0,7 point en 2021. La contribution du secteur secondaire à la croissance du PIB est 0,3 point en 2022 contre 0,1 point en 2021.

Graphique 01 : Contributions des secteurs d’activités à la croissance (en point de croissance)

Source : INSEED/Comptes Nationaux définitifs 2021 et provisoires 2022

Du côté de l’offre

……L’agriculture a mieux résisté, profitant des prix élevés des principaux produits d’exportation. Le secteur primaire affiche une croissance de 2,6% par rapport en 2021.

La croissance de l’activité dans le secteur primaire augmente en 2022 pour s’établir à 2,6% contre 2,0% en 2021 et 4,4% en 2020. Cette évolution résulte principalement de la bonne tenue de l’agriculture et des activités de pêche. Malgré les investissements observés dans l’agriculture à travers les projets, notamment le projet d’appui à la production agricole d’urgence (AEFPF-Comores) et le projet d’appui à la productivité et la résilience des exploitation agricole familiale (PREFER), la croissance de ce secteur n’arrive véritablement pas à s’accélérer. Le taux de croissance moyen sur les 10 dernières années n’est que de 2,1%.

La croissance du secteur secondaire s’est établie à 2,8% en 2022 après 1,8% en 2021. Cette amélioration est principalement imputable à la performance dans les autres industries manufacturières et la branche des bâtiments et travaux publics (BTP). Ces activités contribuent respectivement pour 1,7 et 0,6 point à la croissance du secteur secondaire.

La branche des autres industries manufacturières, portées principalement par les industries de textile et de fabrication d’article d’habillement connait un regain d’activité depuis 2020 qui se traduit par une progression notable de 4,9% en 2022 après 3,8% en 2021, pour une contribution de 0,2 point à la croissance du PIB. Toutefois, la fabrication des produits chimiques essentiellement composés d’huiles d’ylang-ylang est toujours en récession. Cette activité affiche un taux de croissance de -6,6% en 2022 après 10,2% en 2021, cette récession est en grande partie liée à la diminution de la demande internationale pour les huiles essentielles, affectée par la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19 et les difficultés d’accès au financement, aux intrants et aux équipements pour les producteurs et les transformateurs locaux.

La branche des BTP continue son embelli, elle affiche une croissance de 4,7% en 2022 après 5,8% en 2021, ceci est principalement imputable, d’une part à la mise en oeuvre du Plan Comores Émergent, qui prévoit des investissements importants dans les infrastructures, notamment routières, portuaires, aéroportuaires, hospitalières et énergétiques, et d’autre part à la reprise du tourisme, qui a stimulé la demande de services liés à la construction, à l’hôtellerie et à la restauration.

La croissance économique dans le secteur tertiaire se consolide après la reprise observée en 2021 à la suite de la pandémie. Elle s’établit à 3,0% en 2022 après 2,0% en 2021 et -2,1% en 2020. Sa contribution à la croissance du PIB en 2022 est de 1,5 points de pourcentage, soit 0,5 point de plus comparé à l’année précédente. Les branches qui contribuent le plus à cette croissance sont notamment le commerce et réparation (0,9 point), et les autres services (0,3 point).

La bonne tenue du secteur résulte de la dynamique observée dans la plupart des branches d’activités, notamment : la santé (9,3% après 1,4% en 2021), l’éducation (7% après 3,2% en 2021) et le commerce et réparation de véhicules (5,1% après 3,5%).

Le secteur de l’hôtellerie et restauration affiche une croissance de 8,8% en 2022 après 11,4% en 2021, cette accélération de croissance s’explique principalement par la reprise du tourisme international, favorisée par la levée progressive des restrictions sanitaires et la promotion de la destination Comores.

Du côté de la demande

……La croissance économique a été tirée par la consommation finale des ménages, généralement soutenue par la vigueur des transferts de fonds de la diaspora. La consommation finale affiche une croissance de 2,5% après 1,8% en 2021

Graphique 02 : Contributions des emplois au PIB (en point de croissance)

Source : INSEED/Comptes Nationaux définitifs 2021 et provisoires 2022

Les dépenses de consommation finale progressent de façon modérée de 3,1% en 2022 après 4,4% en 2021. Ce ralentissement est principalement le fait de la composante publique, qui baisse en 2022. Elles contribuent de 2,7 points à la croissance du PIB en 2022, soit 1,1 point en moins par rapport à 2021.

La consommation finale constitue le moteur principal de la croissance en 2022 en contribuant de 2,7 points de pourcentage. La consommation finale des ménages et des administrations publiques aux Comores a augmenté respectivement de 2,5% et de 2,9% en 2022, contribuant à la croissance économique du pays. Cette dynamique reflète la vigueur des transferts de fonds de la diaspora, qui représentent environ 25% du PIB et qui soutiennent le pouvoir d’achat des ménages. Toutefois, ces facteurs ont été atténués par la flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, qui a entraîné une inflation de 12,4% en 2022, réduisant le revenu réel des agents économiques.

La formation brute de capitale fixe a vu sa croissance baissée en 2022 pour s’établir à -1,1% après 9,9% en 2021 et contribuant négativement à la croissance à hauteur de -0,1 point de pourcentage, ceci en lien avec la baisse des importations des matériels d’équipements.

Les importations de biens et services en 2022 ont augmenté en volume de 11,8% après 8,8% en 2021. Les exportations de biens et services ont enregistré une croissance en volume de 30,2% en 2022 après 35,6% en 2021. Les exportations nettes de biens et services contribuent négativement à la croissance à hauteur de -0,8 point de pourcentage après -0,5 point en 2021.

Elaboration des comptes nationaux provisoires 2022: Quelques hypothèses de travail

Les comptes nationaux provisoires (CNAP) de 2022 ont été élaborés dans un contexte marqué par l’absence de données sur l’agriculture vivrière. La FAO qui fournit habituellement ces estimations le fait avec un décalage temporel d’un an. Plusieurs indicateurs pertinents pour le suivi de la situation économique des Comores sont utilisés. Parmi ces indicateurs, les données sur la pluviométrie ont été utilisées pour affiner l'estimation de la valeur ajoutée du secteur agricole, qui représente une part importante du PIB. Le nombre d'immatriculations des bateaux de pêche a servi de proxy pour mesurer l'activité du secteur halieutique, qui contribue également à la sécurité alimentaire. Les statistiques sur les nuitées ont permis d'évaluer l'activité du secteur de l'hébergement, qui reflète le dynamisme du tourisme. L’indicateur composite utilisé pour surveiller le secteur de la construction lors de l’estimation du compte provisoire de 2021 a été conservé. Cet indicateur est une moyenne pondérée des importations et de la production de matériaux de construction en volume.